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	<title>EN ATTENDANT LA RÉSOLUTION</title>
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	<description>Les droits LGBT: nouvel enjeu international, par Philippe Colomb</description>
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		<title>Illusion d&#8217;optique</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 11:03:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Colomb</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[<img alt='' src='http://www.gravatar.com/avatar/2feceb858a146db215f60a3f4994e8b7?s=80&amp;d=http%3A%2F%2Fwww.gravatar.com%2Favatar%2Fad516503a11cd5ca435acc9bb6523536%3Fs%3D80&amp;r=G' class='avatar avatar-80 photo' height='80' width='80' /><br/>Le mouvement LGBT international est à la fois bénéficiaire et victime d’une curieuse illusion d’optique : il paraît beaucoup plus important et puissant qu’il ne l’est.
Concrètement, celui ou celle qui commence à s’intéresser à ces questions découvre très vite que les mobilisations LGBT internationales sont organisées par une petite dizaine d’organisations et, au maximum, une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000">Le mouvement LGBT international est à la fois bénéficiaire et victime d’une curieuse illusion d’optique : il paraît beaucoup plus important et puissant qu’il ne l’est.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Concrètement, celui ou celle qui commence à s’intéresser à ces questions </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">découvre </span></span><span style="color: #000000">très vite que les mobilisations LGBT internationales sont organisé</span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">es </span></span><span style="color: #000000">par une petite dizaine d’organisations et, au maximum, une cinquantaine de personnes particulièrement actives à travers le monde. La seule organisation LGBT internationale, l’ILGA, n’a jamais eu plus d’une dizaine de salarié-e-s et la crise financière vient de lui réduire encore plus ses moyens. De fait, le mouvement LGBT est un nain organisationnel  comparé au</span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">x </span></span><span style="color: #000000">mouvement</span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">s </span></span><span style="color: #000000">de défense des droits des femmes ou de lutte contre le racisme.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Mais ce petit groupe a réussi, notamment en s’appuyant sur les grandes organisations de défense des droits humains, à devenir un acteur incontournable, à la fois craint et écouté au niveau international. D’une certaine façon, on a un peu assisté ces dernières années au niveau mondial au même retournement qu’Eric Fassin </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">a </span></span><span style="color: #000000">très bien décrit à propos du personnel politique en France dans <em><a title="Editions Amsterdam" href="http://editions-amsterdam.blogspot.com/2008/04/eric-fassin-linversion-de-la-question.html" target="_blank">l&#8217;Inversion de la question homosexuelle</a></em> : nous sommes passé</span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">s </span></span><span style="color: #000000">d’une intolérance à l’homosexualité à une intolérance à l’homophobie. Aujourd’hui, les politicien-ne-s se sentent obligé-e-s de prendre toutes les précautions possibles pour ne pas donner le sentiment d’être homophobes ou même simplement indifférent-e-s à l’homophobie. Il est devenu aujourd’hui très difficile à la plupart des Etats de ne pas aborder les questions LGBT (même si, la plupart du temps, le L, le B et le T sont oubliés) et de ne pas répondre aux différentes mobilisations qui sont régulièrement organisées. Aux yeux de beaucoup, le nain a ainsi pris des allures de géant.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Mon propos ici n’est pas d’analyser les raisons (politiques, sociologiques, économiques <em>etc</em>.) qui ont permis au mouvement LGBT de construire cette relative puissance et de se donner ce poids politique, mais plutôt de pointer les limites de cette stratégie très efficace, mais finalement fondée sur une sorte de bluff. Car si le mouvement LGBT a, d’une certaine façon, un pouvoir nettement plus important que son ampleur réelle, sa faiblesse structurelle est en train de montrer ses limites.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Ainsi, par exemple, la mise en place du <a title="Création d'un fonds de courcours" href="http://www.yagg.com/2009/05/15/rama-yade-annonce-la-creation-dun-fonds-de-concours-pour-les-ong-lgbti-764/" target="_blank">fonds de concours aux organisations LGBT, annoncé par Rama Yade le 15 mai 2009 </a></span><span style="color: #000000">au cours de la grande conférence contre les LGBT-phobies organisée à Paris. Considérant l’ampleur (supposée) du mouvement LGBT, la France a proposé la mise en place d’un fonds du même type que ceux qu’elle a mis en place pour soutenir d’autres grandes causes. Pour respecter les normes internationales de transparence, un tel </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">dispositif </span></span><span style="color: #000000">de soutien financier exigence que différentes organisations soient impliquées dans son fonctionnement et que soit mis en place un conseil de surveillance </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">chargé </span></span><span style="color: #000000">de veiller à l’absence de conflits d’intérêts et de suivre la bonne mise en œuvre des projets. Tout cela est bel et bon, mais ne peut </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">fonctionner </span></span><span style="color: #000000">que dans un champ réunissant suffisamment d’acteurs et d’actrices pour permettre un certain pluralisme et avec des organisations capables </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">de </span></span><span style="color: #000000">s’insérer dans ces mécanismes administratifs lourds. Précisément </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">ce que </span></span><span style="color: #000000">n’est pas le mouvement LGBT international.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Au cours des discussions avec le </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">m</span></span><span style="color: #000000">inistère des Affaires </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">é</span></span><span style="color: #000000">trangères, il est donc très vite apparu que l’on nous prenait pour ce que nous ne sommes pas. Ainsi, si l’illusion d’optique nous a été bénéfique jusque là, elle devient maintenant source de redoutables malentendus avec nos partenaires institutionnels. Car comment respecter les règles quand les seul-e-s expert-e-s disponibles et capables d’évaluer les projets sont, inévitablement, plus ou moins parties prenant</span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">es </span></span><span style="color: #000000">de ces projets ? Comment faire quand les agences gouvernementales expliquent qu’elles ne sont pas en capacité de gérer des aides de moins de 50 000 € et qu’aucune association LGBT n’est en capacité de montrer des projet de cette envergure budgétaire ? Taillé en fonction de l’importance politique actuelle des questions LGBT, ce fonds semble finalement un costume trop grand pour les organisations qu’il est </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">censé </span></span><span style="color: #000000">soutenir.</span></p>
<p><span style="color: #000000">De mon point de vue, le mouvement LGBT international est donc à un moment crucial de son développement et va devoir rapidement trouver des nouvelles ressources. Porté par l’urgence, l’intelligence et l’énergie de quelqu’un-e-s, il a acquis ces dernières années un vrai poids politique. Mais il doit maintenant assoir ce pouvoir en se structurant,  en se dotant d’organisations capables de vraiment travailler au niveau international et inter-gouvernemental, et se donnant les outils et les moyens nécessaires à la mise en </span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">œ</span></span><span style="color: #000000">uvre d’une stratégie de lutte contre les discriminations et de promotion des droits fondamentaux des personnes LGBT.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Alors que, par exemple, la section néerlandaise d’<a href="http://aliceverheij.wordpress.com/2009/12/07/amnesty-international-maar-niet-voor-lgbt/" target="_self">Amnesty International annonce son désengagement </a></span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000"><a href="http://aliceverheij.wordpress.com/2009/12/07/amnesty-international-maar-niet-voor-lgbt/" target="_self">des </a></span></span><span style="color: #000000"><a href="http://aliceverheij.wordpress.com/2009/12/07/amnesty-international-maar-niet-voor-lgbt/" target="_self">questions LGBT</a></span><span style="color: #000000">, il devient urgent pour notre mouvement de s’émanciper des organisations de défense des droits humains, qui ont leurs propres contraintes et leurs propres priorités, et de nous doter des moyens de nos ambitions</span><span style="padding: 0pt;margin: auto"><span style="color: #000000">. </span></span><span style="color: #000000">L’illusion d’optique qui nous a permis de paraître plus puissant-e-s que nous ne l’étions risque maintenant de se retourner contre nous et de créer frustrations et déceptions. Il faut donc vite en sortir et maintenant vraiment remplir le beau costume que nous nous sommes taillé.</span></p>
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		<title>Tradition</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 06:55:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Colomb</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[<img alt='' src='http://www.gravatar.com/avatar/2feceb858a146db215f60a3f4994e8b7?s=80&amp;d=http%3A%2F%2Fwww.gravatar.com%2Favatar%2Fad516503a11cd5ca435acc9bb6523536%3Fs%3D80&amp;r=G' class='avatar avatar-80 photo' height='80' width='80' /><br/>Le Conseil des Droits de l’Homme est perpétuellement traversé de conflits à bas-bruit, accompagnés de subtils retournements d’alliance et de stratégies à plusieurs bandes. Curieusement, à une époque où l’on a tendance à dévaluer la parole politique, ces combats diplomatiques ne sont, le plus souvent, que des querelles de mots. Mais, aux Nations Unies, les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0.0px 0.0px 20.0px 0.0px;line-height: 21.0px;font: 14.0px Arial;color: #666666"><span style="letter-spacing: 0.0px">Le Conseil des Droits de l’Homme est perpétuellement traversé de conflits à bas-bruit, accompagnés de subtils retournements d’alliance et de stratégies à plusieurs bandes. Curieusement, à une époque où l’on a tendance à dévalu</span><span style="letter-spacing: 0.0px color">er</span><span style="letter-spacing: 0.0px"> la parole politique, ces combats diplomatiques ne sont, le plus souvent, que des querelles de mot</span><span style="letter-spacing: 0.0px color">s</span><span style="letter-spacing: 0.0px">. Mais, aux Nations Unies, les mots ont encore leur importance et il est essentiel de toujours rest</span><span style="letter-spacing: 0.0px color">er</span><span style="letter-spacing: 0.0px"> à l’affut des variations de langage des un-e-s et des autres.</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 20.0px 0.0px;line-height: 21.0px;font: 14.0px Arial;color: #666666"><span style="letter-spacing: 0.0px">En juin dernier, la Russie a présenté un projet de résolution sur la “Promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales par une meilleure compréhension des valeurs traditionnelles de l’humanité conformément avec le droit international des droits de l’homme”. Evidemment, ici, les mots importants sont “valeurs traditionnelles” et la tentative d’introduire une notion aussi imprécise dans les mécanismes du Conseil.</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 20.0px 0.0px;line-height: 21.0px;font: 14.0px Arial;color: #666666"><span style="letter-spacing: 0.0px"><span id="more-8"></span>Ce projet de résolution s’inscrivait clairement dans le mouvement réactionnaire, au sens propre, qui traverse actuellement les organisations internationales. Comme les pays de l’Organisation de la conférence islamique qui ont tenté, à la conférence Duban II, de faire passer le blasphème pour une forme de racisme, la Russie a essayé avec cette résolution de faire passer les “valeurs traditionnelles” pour des valeurs universelles.</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 20.0px 0.0px;line-height: 21.0px;font: 14.0px Arial;color: #666666"><span style="letter-spacing: 0.0px">Ainsi le texte soutient que “toutes les cultures et civilisations partagent, dans leurs coutumes, religions et croyances, un ensemble commun de valeurs traditionnelles qui appartiennent à l’humanité dans son ensemble, et que ces valeurs ont apporté une contribution importante au développement des droits de l’homme”.</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 20.0px 0.0px;line-height: 21.0px;font: 14.0px Arial;color: #666666"><span style="letter-spacing: 0.0px">Ce projet de  résolution a finalement été adopté le 2 octobre  à une large majorité (26 votes “pour”, 15 votes “contre” et 6 abstentions). Mais cela ne veut pas dire que les réactionnaires ont définitivement pris le pouvoir au Conseil des droits de l’homme et ce vote n’est qu’un épisode d’une bataille qui en comptera certainement beaucoup d’autres. La résolution <a href="http://daccess-ods.un.org/access.nsf/Get?Open&amp;DS=A/HRC/12/L.13/Rev.1&amp;Lang=F"><span style="text-decoration: underline">A/HRC/12/L.13/Rev.1</span></a> demande, en effet, l’organisation d’un atelier “en vue d’un échange de vues sur la façon dont une meilleure compréhension des valeurs traditionnelles de l’humanité [...] peut contribuer à la promotion et à la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales” et il est fort à parier que cet atelier </span><span style="letter-spacing: 0.0px color">ne </span><span style="letter-spacing: 0.0px">soit pas vraiment conforme aux souhaits des promoteurs de la résolution.</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 20.0px 0.0px;line-height: 21.0px;font: 14.0px Arial;color: #666666"><span style="letter-spacing: 0.0px">Car les “valeurs traditionnelles” ne sont pas toujours celles qu’on croit et les organisations de défense des droits LGBT préparent déjà leurs arguments en faveur d’une approche ouverte </span><span style="letter-spacing: 0.0px color">des</span><span style="letter-spacing: 0.0px"> “traditions”. Comme le rappelait récemment le rapport <a href="http://www.hrw.org/en/reports/2008/12/17/alien-legacy-0"><span style="text-decoration: underline"><em>This Alien Legacy</em></span></a><em> </em>de Human Rights Watch, les lois de beaucoup de pays réprimant l’homosexualité</span><span style="letter-spacing: 0.0px color"> </span><span style="letter-spacing: 0.0px">sont souvent des “héritages” coloniaux, et ne correspondent pas aux “valeurs traditionnelles” de </span><span style="letter-spacing: 0.0px color">c</span><span style="letter-spacing: 0.0px">es aires culturelles. Alors, quelle est la bonne tradition ? Celle d’avant la colonisation ou celle issue de la colonisation ? De même, on sait maintenant que de nombreuses sociétés “traditionnelles” incluaient dans leur fonctionnement des pratiques homosexuelles, des formes sophistiquées de construction de genre dissocié du sexe biologique, voire même des formes d’union de partenaires du même sexe. Et si donc les “valeurs traditionnelles” du monde étaient plus favorables aux LGBT que celles de la vieille Europe ?</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 20.0px 0.0px;line-height: 21.0px;font: 14.0px Arial;color: #666666"><span style="letter-spacing: 0.0px">Mais ce petit jeu autour de la définition de la notion de “valeurs traditionnelles”, s’il peut paraître un peu rhétorique et plaisant intellectuellement, cache en fait des enjeux bien plus importants. Présenter les “valeurs traditionnelles” comme la source des droits humains est, en effet, une façon assez subtile et efficace de saper les fondements rationalistes, universalistes et politiques du droit humanitaire. Une telle conception </span><span style="letter-spacing: 0.0px color">constitue</span><span style="letter-spacing: 0.0px"> une menace directe contre tous les droits que l’on ne retrouve dans quasiment aucune société traditionnelle, au premier rang desquels, les droits des femmes.</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 20.0px 0.0px;line-height: 21.0px;font: 14.0px Arial;color: #666666"><span style="letter-spacing: 0.0px">Autrement dit, cette résolution qui pourrait sembl</span><span style="letter-spacing: 0.0px color">er</span><span style="letter-spacing: 0.0px"> en première approche assez classiquement conservatrice, risque d’avoir un impact beaucoup plus profond et pourrait fissurer le front aujourd’hui uni des défenseur-e-s des droits sexuels. Car si les droits LGBT peuvent espérer sortir plus ou moins indemnes de la discussion sur les “valeurs traditionnelles”, ce n’est pas le cas des droits des femmes dont il sera manifestement très difficile de trouver un fondement dans les “valeurs traditionnelles” des différentes sociétés humaines. Les organisations LGBT devront donc rester très vigilantes et ne pas céder à la tentation de la concurrence entre les revendications. Rompre la solidarité entre les combats LGBT et les combats féministes serait offrir une trop belle victoire aux conservateurs et le jeu n’en vaut vraiment pas la chandelle.</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 20.0px 0.0px;line-height: 21.0px;font: 14.0px Arial;color: #666666"><span style="letter-spacing: 0.0px">Etrange endroit que ce Conseil des droits de l’homme qui mélange à la fois les manoeuvres diplomatiques les plus grossières et les débats de philosophie politique les plus subtils, où les attaques les plus vulgairement réactionnaires ébranlent les solidarités que l’on croyait les plus solides.</span></p>
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		<title>Révolution</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 08:29:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Colomb</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[<img alt='' src='http://www.gravatar.com/avatar/2feceb858a146db215f60a3f4994e8b7?s=80&amp;d=http%3A%2F%2Fwww.gravatar.com%2Favatar%2Fad516503a11cd5ca435acc9bb6523536%3Fs%3D80&amp;r=G' class='avatar avatar-80 photo' height='80' width='80' /><br/>La militance internationale en faveur des droits des personnes LGBT est en train de vivre une révolution. Une révolution au sens propre : un changement brutal de configuration, un retournement de perspective.
Alors que depuis des années, les droits fondamentaux des homos, des bis et des trans semblaient toujours être la dernière préoccupation des gouvernements et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La militance internationale en faveur des droits des personnes LGBT est en train de vivre une révolution. Une révolution au sens propre : un changement brutal de configuration, un retournement de perspective.</p>
<p>Alors que depuis des années, les droits fondamentaux des homos, des bis et des trans semblaient toujours être la dernière préoccupation des gouvernements et des organisations internationales, alors que les militant-e-s avaient pris l’habitude de perpétuellement dénoncer la hiérarchisation des droits que les personnes LGBT subissaient, voilà que la protection de ces droits semble être brutalement passée de la périphérie au centre, du bas de la pile au sommet de l’agenda.</p>
<p>Pour prendre la mesure de cette révolution, on peut revenir sur trois événements des derniers mois : la déclaration pour la dépénalisation à l’ONU, la conférence contre le racisme Durban II et l’attentat de Tel Aviv.</p>
<p><span id="more-5"></span>Le 18 décembre 2008, 66 pays présentent à l’Assemblée générale de New York une déclaration soutenant que, à leur sens, les textes fondateurs du droit humanitaire international protègent les droits fondamentaux des personnes LGBT. Et Ils en tirent la conclusion logique que l’homosexualité ne peut pas être sanctionnée pénalement et que les personnes trans ne doivent pas être poursuivies. Cet engagement commun est le fruit d’un intense travail de conviction et de mobilisation de plusieurs diplomaties, dont celle de la France. Pour la première fois, un Etat africain, le Gabon, s’engage politiquement en faveur des droits LGBT. En contre attaque, 57 pays mobilisés par l’Organisation de la Conférence Islamique présentent une déclaration dénonçant la tentative de distorsion des textes fondateurs et de création subreptice de nouveaux droits en faveur d’une minorité. Cette contre-déclaration, assez pathétique, est symptomatique du nouvel équilibre qui est en train de se mettre en place au niveau international.</p>
<p>Le 9 août 2009, le président Shimon Peres, accompagné de plusieurs ministres, participe au rassemblement en hommage aux victimes de l’attentat contre le centre communautaire de Tel-Aviv. Dans un pays où la pire violence est devenu tristement quotidienne, cette dénonciation d’un crime homophobe réunit tout de même 70 000 personnes, mobilise le sommet de la classe politique et sera relatée dans toute la presse mondiale. Ici encore, le changement d’époque est flagrant : la dénonciation de la violence homophobe est devenue un vrai enjeu politique au niveau national mais aussi un enjeu d’image au niveau international.</p>
<p>Du 20 au 24 avril 2009, s’est tenue à Genève la conférence dite “Durban II” d’évaluation des progrès réalisés depuis la Conférence mondiale contre le racisme de 2001. Telle qu’en rend compte la presse internationale, cette réunion est traversée par deux lignes de fracture : le jugement sur la situation des droits humains en Israël et dans les territoires occupés, d’une part, et l’inclusion de l’homophobie dans le périmètre de travail de la conférence, d’autre part. Au final, ces deux questions occulteront presque totalement l’objet principal de la rencontre, la lutte contre le racisme. On peut même se demander si l’exacerbation de ces tensions n’a pas permis à un certain nombre de pays, occidentaux notamment, de se draper dans une sorte de vertu “homophile” et de ne pas avoir à se justifier de la recrudescence du racisme qu’on peut connaitre chez eux.</p>
<p>Car, et c’est ça la révolution, la défense des droits LGBT est en train de devenir un signe extérieur de progressisme. Dans le jeu toujours un peu binaire des relations internationales, cette question commence à structurer une nouvelle opposition, à délimiter deux nouveaux blocs : les gentils pays “homophiles” contre les méchants pays homophobes. En ce sens, la lutte contre l’homophobie et la transphobie est en train de devenir centrale dans les relations diplomatiques. Ce serait évidemment une excellente nouvelle pour tout le monde, si ce nouveau rôle de marqueur positif ne se payer d’une dissociation d’avec les autres droits fondamentaux. Avant cette révolution, on considérait traditionnellement que les droits des personnes LGBT participaient, bien qu’avec un temps de retard, du même mouvement que le respect général des droits fondamentaux : les pays les plus respectueux étant évidemment les plus homophiles et les pays les moins respectueux les plus homophobes. Un engagement fort contre la lutte contre l’homophobie et la transphobie était alors traditionnellement vu comme une sorte d’aboutissement, de couronnement en matière de droit de l’homme.</p>
<p>La révolution actuelle vient du bénéfice que certains Etats pensent pouvoir tirer de cette idée persistante : puisque les droits LGBT sont considérés comme un signe de respect général des droits humains, engageons nous bruyamment en leur faveur et faisons ainsi oublier tous nos autres manquements. Si l’on reprend nos trois événements des derniers mois, force est de constater que les Etats qui ont ostensiblement manifesté leur appartenance au camp des “homophiles” ne sont pas tous exempts de reproches en matière de droits humains et que l’on peut se demander si cet engagement, que la presse relaye abondamment, ne fait pas partie d’une stratégie d’image bien pensée.</p>
<p>Pour les militant-e-s, tout l’enjeu de la révolution dont je parlais en commençant est là : comment éviter que les avancées des droits LGBT ne servent à masquer les manquements ou recules d’autres droits fondamentaux ? comment faire en sorte que la lutte contre l’homophobie et la transphobie ne soit pas instrumentalisée et serve de blanc-seing en matière de droits humains ? Face à cette situation inédite, les militant-e-s sont condamné-e-s à s’inventer un nouveau positionnement, à trouver un nouvel équilibre entre l’avancée de leur cause spécifique et l’attention au contexte général.</p>
<p>Et c’est de cette révolution que ce blog tentera de tenir la chronique.</p>
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